« Bombardement du 17 juin 1940 : témoignages » : différence entre les versions

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Je le regardais travailler, il était debout sur la rambarde  et posait du mastic sur les pourtours. Je me souviens qu'il répétait, par intermittence :"Ah! Les vilains moineaux !". Les vilains moineaux, je l'ai compris, étaient les avions allemands venus sur Rennes.
Je le regardais travailler, il était debout sur la rambarde  et posait du mastic sur les pourtours. Je me souviens qu'il répétait, par intermittence :"Ah! Les vilains moineaux !". Les vilains moineaux, je l'ai compris, étaient les avions allemands venus sur Rennes.


''''Michel Jacques Gauvain'''', 5 ans en 1940 (entretien avec Étienne Maignen le 7 mars 2020)
'''''Michel Jacques Gauvain''''', 5 ans en 1940 (entretien avec Étienne Maignen le 7 mars 2020)




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"Le lundi matin, nous nous promenions de long en large pour passer le temps  quand, vers 10 heures, des avions ennemis nous bombardèrent, nous n'eûmes que le temps de nous glisser sous un train chargé de bois, parallèle au nôtre pour éviter la mitraille [...] Ils ont non seulement mitraillé mais bombardé des trains de munitions et c'est ce qui fit le plus de désastre après leur passage [...], la chance, pour nous,  c'est que le train qui était contre le nôtre fut bombardé à la tête, car il était rempli d'obus et de balles.  Aussi, te décrire le spectacle de cette journée me serait impossible, il tombait des éclats d'obus tout autour de nous."
"Le lundi matin, nous nous promenions de long en large pour passer le temps  quand, vers 10 heures, des avions ennemis nous bombardèrent, nous n'eûmes que le temps de nous glisser sous un train chargé de bois, parallèle au nôtre pour éviter la mitraille [...] Ils ont non seulement mitraillé mais bombardé des trains de munitions et c'est ce qui fit le plus de désastre après leur passage [...], la chance, pour nous,  c'est que le train qui était contre le nôtre fut bombardé à la tête, car il était rempli d'obus et de balles.  Aussi, te décrire le spectacle de cette journée me serait impossible, il tombait des éclats d'obus tout autour de nous."


'''' Eugène  Bouttier '''' qui était dans un convoi arrivé la veille de Rouen et dans l'attente d'un départ vers Cholet.(''lettre à sa famille'' Ouest-France. 17.06.2020)
''''' Eugène  Bouttier ''''' qui était dans un convoi arrivé la veille de Rouen et dans l'attente d'un départ vers Cholet.(''lettre à sa famille'' Ouest-France. 17.06.2020)
 
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« Je jouais dans le jardin derrière la petite maison où la famille louait un appartement rue de Paris, face à la fac Beaulieu maintenant. Devant coulait la Vilaine et sur l’autre rive : la plaine de Baud, le grand lieu de triage de la gare de Rennes. Maman était rentrée dans la maison, pour changer ses vêtements afin de se préparer pour partir livrer à vélo son travail de couture faite à domicile : des musettes militaires. Elle me laisserait en garde chez la propriétaire des lieux. Soudain, le bruit des bombes, les vitres volaient en éclat près de moi. Par chance, je n'ai pas été blessée. Maman comprit tout de suite ce qui se passait. Elle tenta, me tenant par la main, de traverser la route qui séparait la maison de la campagne afin de trouver refuge dans un fossé. Je me souviens que l'on courait, mais après je ne me rappelle que d'une chose : j'étais sous une couverture (une capote militaire) et un monsieur me protégeait. Ce monsieur, me dira Maman après, était un militaire et il pleurait. Elle, s'était évanouie en traversant la route et avait été secourue puis transportée là. En le voyant pleurer, et pensant tout de suite à sa fille, elle crut un moment que j'étais morte ; il pleurait car il avait un enfant du même âge et ne savait pas où il était. J'ai le souvenir d'avoir vu des blessés, un en particulier qui semblait n'avoir plus de nez et qui avait le visage ensanglanté, ça frappe une petite fille !
 
Notre mère nous a raconté qu’elle courut à la maison détériorée. Plus de fenêtres, les portes arrachées. Elle se précipita pour prendre ses petits billets dans le tiroir de l'armoire. Nouveau drame : tout l'argent avait disparu ! Quelqu’un avait profité de son absence pour piller ses maigres ressources. Et, plus de nouvelles du papa sur le front « On part chez Grand-Mère ! Je me revois très bien derrière maman, sur la petite selle de son vélo. Nous avons traversé la voie ferrée à Cesson et là encore j'ai vu des blessés, du sang. Maman m'a dit : « Ferme les yeux ! »
 
Georges Ploteau a transmis ce témoignage écrit par sa sœur Marie-Huguette (3 ans et demi en 1940)
 
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[[Fichier:Maisons_touch%C3%A9es_le_17_juin_1940.gif|right|250px|thumb|Deux maisons touchées dans le quartier du "Cabinet Vert". Sur celle au 1er plan, une bombe arrivée par le toit a atteint le sous-sol]]
[[Fichier:Maisons_touch%C3%A9es_le_17_juin_1940.gif|right|250px|thumb|Deux maisons touchées dans le quartier du "Cabinet Vert". Sur celle au 1er plan, une bombe arrivée par le toit a atteint le sous-sol]]
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