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L’année 1939 est encore un temps d’exode déclenché par la victoire des troupes de Franco : le 2 février arrivent 450 femmes et enfants et Rennes apparaît comme la « gare régulatrice" des divers convois qui sont montés vers l’ouest. Le 7 février 900 réfugiés continuent sur Quimper alors qu’autant sont descendus à Rennes où c’est toujours le camp de Verdun et l’ancien moulin de Saint-Cyr qui les reçoivent.Ces lieux sont surveillés par des gardiens chargés de ne laisser entrer et sortir personne qui ne soit muni d’une autorisation. Les autorités veulent empêcher toute propagande politique et éviter les tensions entre les réfugiés qui n’appartiennent pas tous à la même tendance politique. Le contrôle est aussi d’ordre sanitaire car les maladies – gale, fièvre typhoïde ou rougeole – sont fréquentes.<ref> ''Immigrés et réfugiés à Rennes : toute une histoire''. Anne Morillon. Place publique #23. Mai-juin 2013</ref>. 600 ont été soignés à l’Hôtel-Dieu, la plupart dans une salle qui leur était réservée. <ref> ''L’exil espagnol en Bretagne, 1937-1940,''Isabelle Le Boulanger, Coop Breizh, Spézet - 2016 </ref> Rennes atteint le chiffre de 3000 réfugiés qui ont été aussi bien accueillis que possible par les autorités et les associations d’aide. Cependant on voit transparaître chez certains Rennais une animosité dont se fait l’écho, le journal en mars, transmettant la demande d’ « une surveillance plus sérieuse ». | L’année 1939 est encore un temps d’exode déclenché par la victoire des troupes de Franco : le 2 février arrivent 450 femmes et enfants et Rennes apparaît comme la « gare régulatrice" des divers convois qui sont montés vers l’ouest. Le 7 février 900 réfugiés continuent sur Quimper alors qu’autant sont descendus à Rennes où c’est toujours le camp de Verdun et l’ancien moulin de Saint-Cyr qui les reçoivent.Ces lieux sont surveillés par des gardiens chargés de ne laisser entrer et sortir personne qui ne soit muni d’une autorisation. Les autorités veulent empêcher toute propagande politique et éviter les tensions entre les réfugiés qui n’appartiennent pas tous à la même tendance politique. Le contrôle est aussi d’ordre sanitaire car les maladies – gale, fièvre typhoïde ou rougeole – sont fréquentes.<ref> ''Immigrés et réfugiés à Rennes : toute une histoire''. Anne Morillon. Place publique #23. Mai-juin 2013</ref>. 600 ont été soignés à l’Hôtel-Dieu, la plupart dans une salle qui leur était réservée. <ref> ''L’exil espagnol en Bretagne, 1937-1940,''Isabelle Le Boulanger, Coop Breizh, Spézet - 2016 </ref> Rennes atteint le chiffre de 3000 réfugiés qui ont été aussi bien accueillis que possible par les autorités et les associations d’aide. Cependant on voit transparaître chez certains Rennais une animosité dont se fait l’écho, le journal en mars, transmettant la demande d’ « une surveillance plus sérieuse ». | ||
Mais à Rennes, en septembre 1939, la guerre déclarée, ce sont d’autres réfugiés qui arrivent, des gens du Nord craignant une attaque allemande et la radio nationale se replie sur Rennes <ref>[[Mai-juin 1940, l'afflux des réfugiés à Rennes]]</ref> et on constate, le 24 septembre, le départ de 1400 réfugiés espagnols par train spécial à destination de Perpignan, où d’autres camps les attendent. | Mais à Rennes, en septembre 1939, la guerre déclarée, ce sont d’autres réfugiés qui arrivent, des gens du Nord craignant une attaque allemande et la radio nationale se replie sur Rennes <ref>[[Mai-juin 1940, l'afflux des réfugiés à Rennes]]</ref> et on constate, le 24 septembre, le départ de 1400 réfugiés espagnols par train spécial à destination de Perpignan, où d’autres camps les attendent, ou de l'Espagne car Franco a ouvert la porte. | ||
===Pendant la guerre 1939-45=== | ===Pendant la guerre 1939-45=== | ||
Pendant la guerre, des réfugiés espagnols resteront en Bretagne. Les ouvriers spécialisés espagnols sont triés sur le volet dans les camps pour servir de main d’œuvre de remplacement (plus d’une centaine à l’arsenal de Rennes comme bourreliers et cordonniers, bien payés, qui firent venir femmes et enfants ; d’autres sont placés chez des particuliers, d’autres encore construisent l'extension de l' aérodrome de Rennes Saint Jacques ou sont dans les Travaux publics. On compte aussi 170 travailleurs libres à Rennes en 1939.. De plus, avec la victoire finale du franquisme en Espagne, 567 personnes (1939) refusent de partir. Et, à partir de février 1940, les Espagnols deviennent des réfugiés politiques et non plus de simples étrangers. Pour rester, il leur faut travailler et une commission française est créée pour constituer les compagnies de travailleurs (200 à Rennes en 1939) car la grande majorité des réfugiés sont des manuels, ouvriers, artisans et agriculteurs. Certains, forts d'une expérience acquise dans leur pays, s'engageront dans la résistance, parfois jusqu'à donner leur vie, tels ceux qui se trouvèrent aux côtés en [[ Juin 1944 : des Rennais otages, fusillés, assassinés]]. Les guérilleros, conduits à Rennes par leur capitaine Pedro Flores, <ref>[[Square Pedro Florès]]</ref> sont intégrés dans des organisations françaises de résistance, les F.F.I – F.T.P La Gestapo fit des rafles :au 91 [[boulevard Jacques Cartier]],[[ rue Saint-Malo]], autour de la [[place Sainte-Anne]] et au café Susana. 85 Espagnols auront été déportés de Bretagne vers les sinistres camps nazis.<ref> ''La vie des émigrés espagnols de 1937 à 1960 en Ille-et-Vilaine''. I. Guépin Observatoire des Migrations en Bretagne.ODRIS</ref> . | Pendant la guerre, des réfugiés espagnols resteront en Bretagne. Les ouvriers spécialisés espagnols sont triés sur le volet dans les camps pour servir de main d’œuvre de remplacement (plus d’une centaine à l’arsenal de Rennes comme bourreliers et cordonniers, bien payés, qui firent venir femmes et enfants ; d’autres sont placés chez des particuliers, d’autres encore construisent l'extension de l' aérodrome de Rennes Saint Jacques ou sont dans les Travaux publics. On compte aussi 170 travailleurs libres à Rennes en 1939.. De plus, avec la victoire finale du franquisme en Espagne, 567 personnes (1939) refusent de partir. Et, à partir de février 1940, les Espagnols deviennent des réfugiés politiques et non plus de simples étrangers. Pour rester, il leur faut travailler et une commission française est créée pour constituer les compagnies de travailleurs (200 à Rennes en 1939) car la grande majorité des réfugiés sont des manuels, ouvriers, artisans et agriculteurs. Certains, forts d'une expérience acquise dans leur pays, s'engageront dans la résistance, parfois jusqu'à donner leur vie, tels ceux qui se trouvèrent aux côtés en [[ Juin 1944 : des Rennais otages, fusillés, assassinés]]. Les guérilleros, conduits à Rennes par leur capitaine Pedro Flores, <ref>[[Square Pedro Florès]]</ref> sont intégrés dans des organisations françaises de résistance, les F.F.I – F.T.P La Gestapo fit des rafles :au 91 [[boulevard Jacques Cartier]],[[ rue Saint-Malo]], autour de la [[place Sainte-Anne]] et au café Susana. 85 Espagnols auront été déportés de Bretagne vers les sinistres camps nazis.<ref> ''La vie des émigrés espagnols de 1937 à 1960 en Ille-et-Vilaine''. I. Guépin Observatoire des Migrations en Bretagne.ODRIS</ref> . |
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